3 risques majeurs d’une baisse du prix du pétrole

Le consommateur s’en réjouit d’avance surtout en cette période de vacances avec les chassés-croisés habituels. Le prix du pétrole baisse et les conséquences sur le prix à la pompe vont se faire sentir rapidement. Enfin une bonne nouvelle, mais quels sont les risques d’un pétrole pas cher?

Alors que tous se réjouissent de cette nouvelle situation, il y a cependant des risques majeurs liés à l’effondrement des prix du pétrole. Ces risques pourraient à moyen terme dépasser le bénéfice que nous apporte maintenant cette baisse des prix. Une diminution de plus de 70% du prix de l’or noir comporte indéniablement des risques économiques, financiers, géopolitiques, écologiques et sociaux.

Quelles sont les causes de la baisse du prix du pétrole?

Les ingrédients sont toujours a peu près les mêmes. Vous avez d’une part les États-Unis qui produisent du pétrole pour son marché intérieur et une croissance de la demande chinoise qui s’affaibli. Ajoutez à cela l’Arabie Saoudite qui refuse de diminuer sensiblement sa production et vous arrivez à une augmentation des stocks et de la production en général.

Les enjeux économiques et géopolitiques liés à la production et à l’exportation du pétrole sont tels que certains pays continuent à produire à outrance pour garder leurs parts de marchés au détriment des revenus. Cette vidéo enregistrée en début d’année 2016 expliquait déjà les ingrédients d’une telle baisse des prix. Malgré une reprise temporaire des cours de l’or noir, la situation se répète à nouveau.

Risques économiques et financiers

Les principaux risques financiers liés à la chute du prix du pétrole sont à chercher au niveau des producteurs de pétrole eux-mêmes. En effet, l’extraction de l’or noir a un coût et celui-ci est encore plus important pour l’industrie d’extraction du gaz de schiste. Le seuil de rentabilité de ce type d’extraction est nettement plus élevé que la filière traditionnelle. Il faut donc un prix du baril élevé pour soutenir la profitabilité de ces sociétés pétrolières.

Autant dire que la baisse du cours du pétrole met en danger toute la filière d’extraction du gaz de schiste aux États-Unis avec le risque de voir éclater une bulle financière dans ce secteur d’activité. Les sociétés actives dans l’extraction du gaz de schiste cumulent presque 200 milliards d’US dollar de dette. Heureusement, la technologie permet de réduire les coûts d’extraction mais on ne compte plus les faillites récentes dues à la dégringolade des prix du baril.


L’éclatement d’une bulle financière n’est pas exclu. Les sociétés d’extraction de gaz de schiste enregistrent une dette cumulée de 200 milliards de dollar. Les faillites sont déjà monnaie courante. 


L’ensemble des producteurs de pétrole sont impactés par cette baisse des cours et l’avantage d’une baisse des prix pour les consommateurs pourrait être inférieur à ses inconvénients. De nombreux pays exportateurs de pétrole tels que la Russie, l’Algérie, l’Arabie Saoudite présentent déjà des budgets en déficit de plus de 10%. Leur économie étant directement et principalement liée aux marchés pétroliers, le risque est important de voir apparaître une crise de la dette et de graves troubles économiques.

L’ensemble des régions du monde sont interconnectées par les flux du commerce mondial. Une crise économique dans une de ces régions peut avoir des conséquences dans l’ensemble des autres parties du monde.

Une crise économique dans ces pays pourtant éloignés aura une répercussion directe sur nos économies. Alors que ces pays sont fournisseurs de pétrole, ils sont également des clients importants pour l’industrie européenne et américaine. Les commandes venant des pays du Golfe et de la Russie pourraient alors se raréfier et affecter le commerce mondial.

En clair, un prix du baril en dessous des 40$ est en apparence une bonne chose pour l’économie européenne mais cela ne nous permettra pas de vendre plus d’Airbus à nos clients appauvris.

Risques géopolitiques

En écho aux risques économiques cités plus haut, les risques géopolitiques dans les régions exportatrices de pétrole sont sérieux. Comment assurer la stabilité d’un pays comme l’Algérie, dont l’économie est presque totalement dépendante du pétrole et du gaz? Les risques de bouleversements intérieurs liés à une crise économique dans ces pays exportateurs sont réels et les tensions commencent à apparaître.

La récente entrée de l’Iran dans le commerce mondial n’arrangera certainement pas la donne puisque ce pays tentera également de vendre ses ressources pour relancer son économie à l’agonie depuis l’embargo.

De plus, l’Arabie Saoudite qui veut garder le leadership de l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) et continue à produire sans réduire la cadence pour garder ses parts de marché intactes, au grand damne de ses partenaires.

Enfin, la Russie qui accuse le coup d’un faible prix du baril de pétrole commence à voir apparaître des déficits graves et récurrents. Acculée, sa politique intérieure et étrangère pourrait changer radicalement.

Risques écologiques et sociaux

Souvent occultés, les risques écologiques et sociaux liés à la baisse du prix du baril sont indéniables. Comment sensibiliser le monde au coût environnemental des énergies fossiles à l’époque du pétrole pas cher? Alors que les énergies renouvelables et l’ensemble de cette filière ont besoin d’un prix élevé du pétrole pour exister, on peut se demander combien de temps les investissements dans cette industrie propre vont durer. Plus le prix du baril diminue, moins les énergies renouvelables seront rentables.


La transition énergétique qui peine déjà à se mettre en place se voit face à une contrainte de taille: comment rivaliser avec des sources d’énergies conventionnelles moins chères?


Un prix du pétrole durablement bas entraîne une baisse de rentabilité de certains forages, notamment en mer. Ceux-ci, dont les frais de prospection et d’extraction sont élevés, seront fermés progressivement par manque de rentabilité. Le coût social de ces fermetures de forages sera important et aura un impact en Europe également. En effet, une grande partie des industries actives dans la prospection et l’extraction de pétrole sont occidentales. Les bénéfices se font plus rares et les plans de restructuration sont en marche.


Maintenant, c'est à vous de jouer! Comment protégez-vous votre portefeuille d'actions de la baisse des cours du pétrole? Partagez vos commentaires ci-dessous.


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Catégorie: Investir en bourse

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Article par: Boursomaniac

Passionné d'analyse technique et des chandeliers japonais depuis plusieurs années. Je partage mes conseils boursiers, mes réflexions ainsi que mes stratégies de trading aux investisseurs désireux d'optimiser leurs investissements.